Etre ...ou ne pas être

I [] : Être ...

L'exercice au sabre tutoie cette perception d'un moment placé entre la vie et la mort...
Cette présence sincère à soi-même invite au bien être, dans le sens premier de ces deux termes.

"C'est le même sabre, c'est le même homme qui l'utilise.
Tuer en soi le désir de tuer équivaut à sauver la vie de quelqu'un. C'est le sens de Katsu Jin Ken. C'est je crois, le sens que O Sensei (fondateur de l'Aïkido) donnait à Amour. Le bushi (le combattant) a le courage de couper n'importe qui, n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où; quelqu'un de mauvais ou lui-même. Cela est certainement le véritable sens d' Amour et posséder ce sens du mot " Amour " fait le Bushi, c'est à dire quelqu'un qui peut utiliser aussi bien Satsu Jin To que Katsu Jin Ken, qui peut donc tuer si nécessaire. Si on ne possède pas cette faculté, Katsu Jin Ken ne signifie rien. Il en est de même sur le plan technique. L'étude passe par là. C'est le Budō qui fait le Bushi.
Je ne voudrais pas que vous vous trompiez sur ce sujet."
Tamura shihan

Le maître de thé et le duel

Pot ceramique 400Un maître de thé de l’ancien Japon fut défié pour un duel à mort par un samouraï errant. Le maître de thé, craignant de perdre l’honneur, accepta. Malheureusement, il ne connaissait rien au maniement du sabre. Le duel devait avoir lieu incessamment, aussi le maître de thé se rendit-il chez un maître de sabre local pour acquérir quelques rudiments de cette pratique. L’entraînement commença et l’homme de sabre découvrit bien vite que son disciple d’occasion n’aurait aucune chance contre le samouraï avec ces quelques rudiments. Il lui demanda alors de venir dans une autre pièce. Lorsque le maître de thé entra, le maître de sabre lui désigna un service à thé et lui demanda de procéder à la cérémonie du thé. Très étonné, mais rempli de gratitude pour cette dernière chance qui lui était donnée d’exercer son art avant une mort inévitable, il servit le thé, ses mouvements précis et relâchés, son attitude complètement libre de toute la peur qui l’avait hanté depuis le jour du défi.

Quand la cérémonie se termina dans un état de Zanshin le plus profond, le maître de sabre sourit et dit : "Il n’est rien que je puisse vous apprendre sur l’art d’affronter la mort que vous ne connaissiez déjà ; faites face au samouraï avec l’attitude que vous venez de démontrer".
Le maître de thé comprit la leçon et s’en alla affronter le samouraï.

Le matin du duel, lorsque le samouraï arriva, le maître de thé l’attendait déjà, sabre en main. Son attitude était calme et sereine, comme s’il était en train de servir le thé. Le samouraï, voyant son adversaire prêt à affronter la mort, commença à s’inquiéter pour sa propre vie et s’enfuit.